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21 jours - de solidarité internationale en Haïti

21 jours

de solidarité internationale en Haïti

(Jour) 1

  • Moral : Excitée
  • État d'esprit : Je dépoussière ma valise!
  • Niveau de bien-être 9
  • Niveau de fatigue 2
  • Niveau de compétence 1
  • Niveau de frustration 0
  • Apparence physique 8
  • Jauge des sens
    • Vue 1
    • Odorat 0
    • Ouïe 0
    • Toucher 2

J'aime toujours ce moment où on ressort la valise de l'étage du haut du garde-robe, pour la dépoussiérer et y mettre toutes ces choses dont on pense qu'on aura besoin pour le voyage.

Généralement (pour ma part, mais vous vous reconnaitrez sans doute aussi là-dedans!), j'emmène trois fois trop de vêtements, de médicaments, de livres ; j'ai même pris cette drôle d'habitude d'emmener un pain tranché (aux raisins) presque partout où je vais ; « déjeuner en terrain connu » et vaincre un peu le dépaysement.

C'est ce soir que je dépoussière ma valise. Cette fois par contre, j'ai une bonne raison de vouloir emmener trop de choses avec moi. Oui parce que le concept de 21 jours veut que les animateurs en sachent le moins possible sur les détails de leur expérience. Résultat ; je sais que je pars pour Haïti, que je serai plongée d'une manière ou d'une autre dans le monde du travail humanitaire… mais c'est à peu près tout ce que je sais. Alors… filet contre les moustiques ? beaucoup de livres, ou très peu ? Chemises ou t-shirts ? De toute façon, je dois avouer que j'arrive à me concentrer sur très peu de choses depuis vingt-quatre heures. Alors je vais faire comme à l'habitude je crois bien!

Je vais emmener…  trois fois trop de choses…

(Jour) 2

  • Moral : Motivée
  • État d'esprit : La résistance par le créole
  • Niveau de bien-être 8
  • Niveau de fatigue 2
  • Niveau de compétence 4
  • Niveau de frustration 0
  • Apparence physique 8
  • Jauge des sens
    • Vue 2
    • Odorat 0
    • Ouïe 4
    • Toucher 0

Je viens de quitter le sous-sol de l'église St-Pierre Claver, à Montréal.

Je réalise que depuis dix ans, j'emprunte pratiquement tous les jours le boulevard St-Joseph sur lequel cette église est située, mais que jamais je ne l'avais vraiment remarquée. Bizarre qu'en voyage, je me précipite pour visiter les églises, pagodes et monastères du monde entier, mais que, dans ma propre ville, ces lieux n'attirent pas autant mon attention…

J'étais dans cette église parce que c'est là que je suis, depuis quelques semaines, des cours de langue créole. Si j'avais déjà quelques notions de base de la langue, grâce à un voyage que j'ai fait il y a quelques années à Port-au-Prince, je sens que ces nouvelles notions de bases que j'ai apprises vont me permettre de vraiment mieux communiquer avec les gens.

Je me trompe peut-être, mais je crois que parler créole, pour les Haïtiens, représente une forme de résistance face à l'histoire du pays. Une façon de dire ; les colonisateurs n'auront pas tout pris. On a un réflexe assez semblable ici, les Québécois, face à « notre" langue, le français. On résiste. Et on semble tous apprécier quand un étranger se donne la peine de s'adresser à nous en français, plutôt qu'en anglais. Je me dis que d'apprendre quelques notions de base d'une langue avant de mettre les pieds dans un pays, c'est témoigner aux gens de ce pays qu'on leur prête intérêt à eux, mais aussi à leur histoire… c'est leur dire, d'une certaine manière, que si on s'est déplacés, c'est pour qu'il y ait échange…

Bref, merci à la production de m'avoir offert ces cours ! J'espère que mon créole saura… créer des ponts. 

(Jour) 3

  • Moral : Fébrile
  • État d'esprit : Le grand départ!
  • Niveau de bien-être 5
  • Niveau de fatigue 8
  • Niveau de compétence 6
  • Niveau de frustration 0
  • Apparence physique 8
  • Jauge des sens
    • Vue 2
    • Odorat 2
    • Ouïe 2
    • Toucher 1

Aujourd'hui c'était le grand départ, comme on dit!

Après les 18 heures de déplacements qui nous ont menés à Port-au-Prince, j'avoue que je suis complètement vidée! J'étais venue à Port-au-Prince, en 2012, deux ans après le tremblement de terre. Je peux dire que ça m'a fait un choc énorme de revoir les rues de la ville, si différentes du souvenir que j'en gardais. À l'époque, il y avait tellement de débris dans les rues ; les vestiges du tremblement de terre étaient partout. Sur les visages des gens surtout. J'ai eu le sentiment que les choses ont bougées, évoluées depuis. Mais le soleil se couche si vite ici, le temps de parcourir le trajet depuis l'aéroport et on était plongés dans l'obscurité!

Je vais aller me reposer... À très vite!

 

(Jour) 4

  • Moral : Déçue
  • État d'esprit : Vestiges du séisme
  • Niveau de bien-être 5
  • Niveau de fatigue 3
  • Niveau de compétence 6
  • Niveau de frustration 0
  • Apparence physique 8
  • Jauge des sens
    • Vue 3
    • Odorat 1
    • Ouïe 0
    • Toucher 0

La journée a été chargée en visites de toutes sortes.

Marie-Ange, la directrice de Fanm Deside (Femmes décidées) - l'organisme où je passerai mes 21 jours- souhaitait me faire visiter une installation qui avait été mise sur pied par le gouvernent, mais qui s'est avérée être un échec...

On pourrait résumer la chose ainsi : suite au séisme, le gouvernement a décidé de construire un village en plein cœur d'une zone désertique, dans le but d'inciter les gens à quitter leurs camps de fortune". Le résultat est vraiment déplorable... La moitié des édifices sont vides (ni portes, ni eau, ni électricité) et l'autre moitié est habitée par des gens qui, isolés, n'ont pas de moyen de se rendre en ville et donc, de travailler... je sais que beaucoup d'initiatives ont été mal entreprises suite au séisme, mais ce cas-là était visuellement (et sur le fond!) très choquant...

On a aussi visité un camp qui existe depuis le séisme. J'ai trouvé cette visite difficile, éprouvante ; je n'étais pas confortable avec le fait de filmer les gens du camp, je n'arrêtais pas de me dire que c'est impensable qu'après six ans, certaines personnes n'aient pas pu se reloger... Mais je crois que l'esprit de communauté qui existe sur les camps et qui lie les habitants y est pour beaucoup...

On se dirige vers Jacmel demain, ce sera le début de ma "vraie" intégration...

(Jour) 5

  • Moral : Posée
  • État d'esprit : Loin de chez moi
  • Niveau de bien-être 8
  • Niveau de fatigue 4
  • Niveau de compétence 7
  • Niveau de frustration 0
  • Apparence physique 6
  • Jauge des sens
    • Vue 2
    • Odorat 1
    • Ouïe 2
    • Toucher 0

La journée vient de se terminer, mais il fait déjà noir.

Rien à voir avec l'obscurité de la nuit en ville... Ici en campagne, il fait vraiment noir! Je passe ma première nuit dans ma famille d'accueil, chez une femme qui se nomme Nadia. Nadia a pratiquement mon âge et elle travaille au centre « Fanm Deside », où je passerai mon 21 jours. J'habite avec elle et ses deux filles, l'une étant une fille qu'elle a adoptée du centre pour enfants victimes de violence (mais j'y reviendrai dans les prochains jours).

Pour l'instant, je dois avouer que mes pensées sont occupées par une certaine nervosité. Je me sens plongée dans un monde que je ne connais pas - et je crois que c'est le fait d'habiter dans une famille qui exacerbe ce sentiment (j'ai pourtant pas mal voyagé! Je suis étonnée de réagir comme ça!) dehors, à quelques mètres de mois, Nadia tresse les cheveux de sa fille et déjà, je sens que ma présence passe un peu "inaperçue"! Tout le monde vaque à ses occupations et au fond, c'est sans doute une bonne chose ; je ne sens pas que je perturbe leur routine...

Je vais aller me reposer, passer ma première nuit... En pleine campagne haïtienne. À très bientôt... 

(Jour) 6

  • Moral : Motivée
  • État d'esprit : Une situation paradoxale
  • Niveau de bien-être 8
  • Niveau de fatigue 2
  • Niveau de compétence 5
  • Niveau de frustration 0
  • Apparence physique 6
  • Jauge des sens
    • Vue 1
    • Odorat 1
    • Ouïe 3
    • Toucher 0

Comme on dit… Il y a des bonnes et des moins bonnes journées...

Je crois qu'aujourd'hui j'ai ressenti vivement la sensation d'être loin de chez moi. J'ai pourtant voyagé pas mal, il me semble; pourtant, le fait d'habiter chez une famille, seule, représente un vrai défi. Même si je suis accueillie comme une reine par Nadia et ses filles, je sens qu'ici, j'ai perdu tous mes repères. J'ai l'étrange réflexe de vouloir me retrouver avec mon équipe de tournage, alors que le but de ma présence ici est de m'intégrer aux gens de la culture locale! J'imagine que ma perspective sur les choses sera différente dans quelques jours... Reste qu'à la fin de la journée, je me suis mise à avoir de la difficulté à contenir mes émotions... Je cherchais surtout à ce que toute cette aventure prenne un réel sens... Mais pour l'instant, je n'ai pas trouvé de réponse à la vraie question qui me tracasse ; qu'est-ce que je suis venue faire, concrètement, ici, en Haïti, à la Maison Magalie? Je sais bien que la beauté du documentaire, c'est de laisser le temps, les rencontres, créer la magie... Mais aujourd'hui, j'aurais voulu comprendre ces choses pour être certaine d'avancer...

Dans la bonne direction.

À suivre...

(Jour) 7

  • Moral : Impressionnée
  • État d'esprit : Elle ira loin cette petite fille
  • Niveau de bien-être 9
  • Niveau de fatigue 1
  • Niveau de compétence 8
  • Niveau de frustration 0
  • Apparence physique 7
  • Jauge des sens
    • Vue 4
    • Odorat 1
    • Ouïe 3
    • Toucher 2

Aujourd'hui, j'ai mis les pieds pour la toute première fois au centre Magalie ; un lieu tenu très secret où l'on emmène vivre les enfants et femmes victimes d'abus.

Je me suis rendue sur les lieux en moto (les chauffeurs qui ont accès au centre sont toujours les mêmes par soucis de sécurité), et j'ai été étonnée de trouver, à mon arrivée, un endroit si beau! Derrière les grandes portes barrées qui protègent le centre, on trouve un énorme jardin et des arbres en fleurs de toutes les couleurs.

J'ai réalisé, en passant un peu de temps avec les filles, qu'elles ont toutes, sans exception, traversé des épreuves très difficile. J'ai passé beaucoup de temps avec l'une des fillettes -elle est arrivée au centre après avoir été agressée sexuellement alors qu'elle n'était âgée que de six ans-. Elle s'appelle Guerline et parle un français presqu'impeccable. J'ai révisé quelques leçons avec elle : pour la faire rire, on s'est amusées à tourner autour d'un arbre en récitant des phrases apprises par cœur! Je lui disais "lève tes pieds Guerline! Pense à autre chose pendant que tu récites, on verra bien si tu connais tes leçons par cœur!" ... Mais Guerline apprenait ses leçons tellement vite que mon petit jeu n'a pas pu durer plus de 10 minutes!! J'étais franchement.. Disons-le...

Très impressionnée!

Je suis toujours subjuguée de voir des enfants que la vie a malmenés mais qui arrivent à traverser les épreuves comme des battants... Guerline est définitivement une enfant comme cela. J'ai plongé mes yeux dans les siens et ça a été instantané: je me suis dit quelque chose comme...

Elle ira loin cette petite fille...

(Jour) 8

  • Moral : Découragée
  • État d'esprit : Avancer dans la bonne direction
  • Niveau de bien-être 2
  • Niveau de fatigue 6
  • Niveau de compétence 2
  • Niveau de frustration 0
  • Apparence physique 4
  • Jauge des sens
    • Vue 1
    • Odorat 2
    • Ouïe 0
    • Toucher 0

Comme on dit… Il y a des bonnes et des moins bonnes journées...

Je crois qu'aujourd'hui j'ai ressenti vivement la sensation d'être loin de chez moi. J'ai pourtant voyagé pas mal, il me semble; pourtant, le fait d'habiter chez une famille, seule, représente un vrai défi. Même si je suis accueillie comme une reine par Nadia et ses filles, je sens qu'ici, j'ai perdu tous mes repères. J'ai l'étrange réflexe de vouloir me retrouver avec mon équipe de tournage, alors que le but de ma présence ici est de m'intégrer aux gens de la culture locale!

J'imagine que ma perspective sur les choses sera différente dans quelques jours... Reste qu'à la fin de la journée, je me suis mise à avoir de la difficulté à contenir mes émotions... Je cherchais surtout à ce que toute cette aventure prenne un réel sens... Mais pour l'instant, je n'ai pas trouvé de réponse à la vraie question qui me tracasse ; qu'est-ce que je suis venue faire, concrètement, ici, en Haïti, à la Maison Magalie?

Je sais bien que la beauté du documentaire, c'est de laisser le temps, les rencontres, créer la magie... Mais aujourd'hui, j'aurais voulu comprendre ces choses pour être certaine d'avancer...

Dans la bonne direction.

 

(Jour) 9

  • Moral : Motivée
  • État d'esprit : Moment gravé dans ma mémoire
  • Niveau de bien-être 7
  • Niveau de fatigue 2
  • Niveau de compétence 4
  • Niveau de frustration 0
  • Apparence physique 8
  • Jauge des sens
    • Vue 3
    • Odorat 1
    • Ouïe 0
    • Toucher 8

C'était une meilleure journée aujourd'hui! On a passé l'avant-midi à jardiner avec une vue panoramique sur un paysage... à couper le souffle : notre jardin se trouvait au cœur d'une chaîne de montagnes qui étaient toutes voilées par de la brume et au pied desquelles on pouvait apercevoir des champs, des rivières, des paysans au travail...

Au fil des heures... J'ai tenté de cacher à toutes les femmes du village - celles responsables du jardin communautaire- que je n'ai absolument pas le pouce vert! Mais je ne pense pas avoir trop nui à leurs plantations ; c'est déjà ça!

Avec elles, j'ai appris qu'en campagne... L'eau... Il faut la mériter! Les femmes m'ont montré comment me déplacer avec, sur la tête, un sceau rempli d'eau! Je suis fière de dire que j'ai marché sans me plaindre... de la source jusqu'au jardin! Pour oublier le poids de la cruche, je me concentrais sur l'apprentissage de mon créole qui, soit dit en passant, commence à nettement s'améliorer!

Toute cette visite en milieu rural - je ne crois pas que j'avais jamais mis les pieds dans un endroit si reculé de la ville dans ma vie!- me fait réaliser que la vie en campagne haïtienne est aride. Je repense à ma ville, à mon quartier, aux boutiques que j'ai l'habitude de fréquenter ... Et je réalise que mon univers est à des lieux, mais vraiment à des lieux, de la vie à laquelle j'ai pu prendre part aujourd'hui.

J'espère que ces images, ces rencontres, resteront gravées à mon esprit. Je l'espère vraiment, sinon ... à quoi bon vivre tout cela?

À très vite.

(Jour) 10

  • Moral : Songeuse
  • État d'esprit : Haïti : pays de contrates
  • Niveau de bien-être 8
  • Niveau de fatigue 0
  • Niveau de compétence 8
  • Niveau de frustration 0
  • Apparence physique 9
  • Jauge des sens
    • Vue 3
    • Odorat 3
    • Ouïe 3
    • Toucher 2

C'était congé aujourd'hui !

Et oui, même durant un "21 jours", il y a des congés. J'ai profité de ma journée pour aller à la mer. Une fois les deux pieds dans l'eau, je me suis rappelée qu'à plusieurs reprises, je m'étais baignée dans cette même mer, de l'autre côté de l'île en République Dominicaine. Je n'ai pas pu m'empêcher de me demander comment il se faisait que l'allure des plages soit à ce point différente.

Même si je sais qu'il y a certaines plages idylliques en Haïti, je dois avouer que sur celles que j'ai pu apercevoir depuis mon arrivée à Jacmel, il y avait très souvent pas mal de déchets... Et c'est triste à voir, ça contraste beaucoup avec la beauté du large...

Les jours passent et je réalise une chose, sans doute plus que toute autre ; Haïti est un pays fait de contrastes. Depuis mon arrivée, je ne cesse d'être éblouie, épatée, touchée, mais aussi rebutée, fâchée, désolée… Par ce que je vois, ce que j'entends. Mais je crois bien que je préfère ces contrastes plutôt violents à toute chose ; car au moins... je ne me sens pas indifférente.

C'était congé alors je serai brève, mais demain je sais que ce sera je journée très émotive ... J'appréhende le moment, et j'espère sincèrement que tout se passera bien. Je n'en dis pas plus... 

(Jour) 11

  • Moral : Ébranlée
  • État d'esprit : La tempête
  • Niveau de bien-être 5
  • Niveau de fatigue 3
  • Niveau de compétence 6
  • Niveau de frustration 0
  • Apparence physique 6
  • Jauge des sens
    • Vue 1
    • Odorat 1
    • Ouïe 2
    • Toucher 1

Il est 20h04, toute la maisonnée dort déjà!

Pour moi qui suis plutôt un oiseau de nuit, c'est très particulier! Mais je commence à prendre goût au fait de me coucher tôt ; pour la première fois depuis des années, j'arrive à lire pendant une grosse heure ... sans me fatiguer!

Je suis assise dans mon lit. Et il pleut -littéralement- des cordes... À un point tel que Luciana, la fille de Nadia, a réussi à me faire croire pendant quelques secondes qu'on assistait à la naissance d'un... Cyclone! Comme il n'y a pas de fenêtres encore sur notre maison - ce sont des grillages - on a décollé les lits des murs pour que la pluie n'atteigne pas les filles dans leur chambre. Bizarrement, je me sens très réconfortée par tout le vacarme du ciel ce soir.

Nadia et moi on commence vraiment à devenir proches. Je n'ai jamais eu un contact aussi vrai, aussi amical que celui-là durant un voyage à l'étranger ; ce soir, Nadia m'a parlé de choses très intimes et... je lui ai aussi confié certaines de mes histoires personnelles (amour, famille, etc...). Elle a été d'un grand réconfort. C'est une femme très forte et indépendante d'esprit ! En l'écoutant -Nadia y allait de proverbes haïtiens pour me conseiller!-, je me disais que j'aimerais vraiment être un peu plus comme elle, savoir développer cette force intérieure qui semble la porter partout où elle va.

Parlant de force intérieure : Nadia m'a beaucoup impressionnée aujourd'hui. Je l'ai observée travailler auprès des fillettes du centre Magalie pour la première fois ce matin, alors qu'elle devait assumer la lourde tâche d'annoncer à une des adolescentes du centre qu'elle sera sans doute renvoyée dans les prochaines semaines (il y a beaucoup de tensions entre les pensionnaires du centre). J'ai assisté à toute la réunion - environ 4 heures- et j'ai trouvé la situation vraiment déchirante.

En écoutant les histoires de querelles entre les fillettes du centre, je n'ai pas pu m'empêcher de repenser à ma propre enfance : j'étais identique à ces filles! Sans réelle malice...je me bagarrais, je me chamaillais constamment, tout cela parce que je cherchais "ma" place. Je souhaitais être acceptée au sein d'un groupe! Et à l'instar de ces filles, je me retrouvais trop souvent devant le bureau du directeur! Mais le drame de ces adolescentes, c'est qu'une fois renvoyées du centre -

Nadia semble vraiment pensé que les limites ont été dépassées- beaucoup d'entre elles ne pourront pas compter sur un filet social, ou une seconde famille pour les soutenir. Non, pour bon nombre d'entre elles, être mises à la porte du centre signifiera se retrouver... à la rue. Nadia s'est chargée de rappeler cette dure réalité aux adolescentes, qui pleuraient en l'écoutant. C'était loin... Loin d'être banal, croyez-moi.

En montant dans la voiture qui me ramenait chez Nadia en fin de journée, je me suis dit que cette réunion, bien que nécessaire, était sans doute l'une des plus difficile à laquelle j'avais pu assister.

Je me sens tout de même privilégiée. Nadia me fait vraiment une place au cœur de sa vie, de son travail, et je l'apprécie de plus en plus. Je serais donc en train de vaincre.... Le choc culturel ?? Hourra!!!

(Jour) 12

  • Moral : Fatiguée
  • État d'esprit : Surdose d'émotions
  • Niveau de bien-être 6
  • Niveau de fatigue 7
  • Niveau de compétence 5
  • Niveau de frustration 0
  • Apparence physique 7
  • Jauge des sens
    • Vue 4
    • Odorat 3
    • Ouïe 3
    • Toucher 1

Je suis ... Brûlée!!!

Je crois que pour une fois : je laisserai les photos parler pour moi (je profiterai de ce bon vieil adage qui dit qu'une photo ... Vaut mille mots!)

Je suis fatiguée car la journée a débuté à 5h30 am. Comme c'était dimanche, Nadia m'a emmenée au marché pour faire quelques courses. Le genre de lieu où le pire et le meilleur se côtoient - odeurs, couleurs, tensions, bruits! Mais j'adore les marchés à ciel ouvert ; pour moi ils représentent bien souvent la culture, le cœur d'un pays.

De retour à la maison, j'ai appris à dépecer un poulet ! Nadia a tranché la tête de trois petites poules devant mes yeux et ... malgré une bonne dose d'orgueil, je n'ai pas pu cacher à mon hôte mon sentiment de répulsion mais surtout, ma surprise de la voir, elle, agir si froidement pour tuer les bêtes! Une fois remise de mes émotions, je me suis mise à réfléchir à l'affaire et en est venue à cette réflexion ; on devrait peut-être tous, mangeurs de viande, assister à une scène comme celle de laquelle j'ai été témoin aujourd'hui ! De façon à être conscients du chemin que parcourent nos aliments avant d'atterrir dans notre assiette! J'ai la certitude que le sort réservé aux animaux élevés en milieux industriels est nettement moins agréable que celui qu'ont connu les poulets que j'ai mangé ce soir !

Pour nous remettre de ces heures de grandes émotions (!), Nadia, les filles et moi on est allées flâner à la plage pour le reste de l'après-midi!

La nuit est arrivée! Une partie de moi se dit : ouf! Enfin!

Aussi, je réalise que plus de la moitié du séjour est déjà terminé... Je commence à intégrer le centre Magalie demain. J'y passerai à tout le moins deux nuits.

(Jour) 13

  • Moral : Isolée
  • État d'esprit : Tenter de me rendre utile
  • Niveau de bien-être 4
  • Niveau de fatigue 1
  • Niveau de compétence 6
  • Niveau de frustration 0
  • Apparence physique 7
  • Jauge des sens
    • Vue 0
    • Odorat 0
    • Ouïe 0
    • Toucher 0

Je passe ma première journée seule au centre Magalie (sans l'équipe de tournage).

Je suis ici depuis quelques heures et j'avoue que j'ai du mal pour l'instant à communiquer avec les fillettes, et même avec la dame qui est chargée de s'occuper d'elles. Elle semble, contrairement à toutes les personnes que j'ai rencontrées depuis mon arrivée en Haïti, être un peu indifférente à l'idée que j'intègre le centre!

La journée est donc un peu moins agréable que les précédentes. Alors que j'ai vraiment le sentiment d'avoir fait ma place chez Nadia, je me sens un peu comme une étrangère ici, au centre Magalie. C'est sans doute une question de temps...

Une des fillettes que j'aime beaucoup, Guerline, sera bientôt de retour de l'école. On pourra étudier le français ensemble ; je me sentirai sans doute mieux!

Ps : il pleut très fort et ça semble paralyser tout le monde ici! C'est très particulier...les rues sont bloquées, les gens tentent de se déplacer malgré l'eau terreuse qui monte jusqu'à leurs genoux... Je cite William, qui se déplace avec moi : bon la ville ne fait pas tout à fait son travail!"

Ouf! Que le beau temps revienne ...!!

Ps / Fin de la journée, 18h10 ;

Effectivement, une fois le retour des filles de l'école vers 13h, tout s'est bien déroulé!

Je réalise que la chose la plus pertinente que je puisse faire avec les fillettes est sans doute de leur enseigner le français. Bien sûr je joue avec elle! On ne fait pas qu'étudier! Mais comme les travailleuses sociales qui veillent sur le centre Magalie ne maîtrisent pas toutes bien le français, je suis très motivée à l'idée d'enseigner aux filles quelques notions ...

Derline, par exemple - une petite fille de 9 ans arrivée au centre suite à une agression sexuelle -, a vraiment fait du progrès aujourd'hui! C'est une petite fille franchement brillante (première de sa classe), et c'est bouleversant de la voir se démener pour étudier au cœur d'une maison pleine d'action et de bruit...

Je retourne au centre demain, mais cette fois, j'y passerai la nuit.

(Jour) 14

  • Moral : Fatiguée
  • État d'esprit : Se nourrir : un privilège.
  • Niveau de bien-être 6
  • Niveau de fatigue 8
  • Niveau de compétence 5
  • Niveau de frustration 0
  • Apparence physique 5
  • Jauge des sens
    • Vue 0
    • Odorat 0
    • Ouïe 0
    • Toucher 1

Je passe la nuit avec les filles du centre Magalie ce soir.

Je commence à sentir la fatigue, étrangement. Je réalise que le "manque d'intimité" représente un vrai de défi dans ce 21 jours. Même si partout où je vais, je ne rencontre que des gens gentils et généreux à mon égard, le fait d'être accueillie partout me demande d'être constamment réceptive, enthousiaste! Je le suis, sincèrement je le suis....mais une partie de moi est aussi un peu déboussolée par toutes ces nouvelles rencontres/découvertes/sensations...Et aujourd'hui, pour la première fois, je cherchais les coins d'ombre, sans trop les trouver.

J'ai pris conscience de cette "fatigue" ce soir, quand j'ai réalisé que Michela, la responsable des filles, ne nous avait cuisiné que du chocolat chaud (avec un morceau de pain) pour le souper. Réaliser que je n'allais presque pas manger m'a rendue ... insécure je dirais, et j'ai décidé d'aborder la question avec l'intervenante qui était sur place ; je me demandais s'il y avait assez de ressources pour subvenir aux besoins des filles...

J'ai réalisé, au fil de ma conversation avec Michela, que les moyens du centre Magalie sont plus restreints que je ne le pensais : les fruits, les légumes, les œufs et la viande ne font pas partie du quotidien des fillettes. Elles en mangent, mais pas en grande quantité et façon occasionnelle (en ce qui concerne les fruits, par exemple).

Je savais que c'est une réalité à laquelle sont confrontés beaucoup de foyers des alentours, mais j'ai été attristée que l'organisation n'ait souvent pas les sous pour permettre ces dépenses. Quand je me suis souvenu que j'avais une mangue dans mon sac, j'ai décidé de la sortir et de la manger avec les filles. On était neuf et tout le monde a eu sa part... C'était un moment beau et difficile à la fois. (Les gens qui ont peu sont souvent bien plus enclins à partager que ceux qui ont le monde à leur pied!)

Je réalise qu'en Amérique du Nord... On entretient un rapport très différent avec la nourriture : on mange souvent par plaisir, par ennui même, et trop, nos frigidaires sont remplis et on gaspille énormément! J'ai le sentiment qu'ici, où je me trouve, se nourrir représente un privilège…même pas un droit... Un privilège. 

(Jour) 15

  • Moral : Reconnaissante
  • État d'esprit : Les pieds dans la mer
  • Niveau de bien-être 8
  • Niveau de fatigue 1
  • Niveau de compétence 3
  • Niveau de frustration 0
  • Apparence physique 6
  • Jauge des sens
    • Vue 2
    • Odorat 2
    • Ouïe 2
    • Toucher 1

Le moment le plus marquant de ma journée est sans doute celui que j'ai passé à la plage avec Micheline, une fille du centre Magalie.

J'ai pris l'initiative - sans trop savoir si la chose était permise -, d'offrir à Micheline de m'accompagner à la plage quelques heures. Quand j'ai vu ses yeux s'illuminer alors que je lui offrais de quitter le centre, j'ai compris que je ne pouvais plus reculer! Heureusement, les responsables de Magalie se sont mises d'accord pour qu'on sorte juste elle et moi, quelques heures.

L'histoire de Micheline m'a particulièrement touchée ; à trente ans, elle est la plus âgée du centre et est arrivée ici il y a moins de trois semaines, après avoir été violée par un membre de sa famille. Alors que toutes les fillettes quittent le centre durant la journée pour aller à l'école, Micheline est contrainte de rester, elle, et de trouver le moyen de faire passer le temps comme elle le peut...

Arrivées à la plage, on a marché, on a fait de drôles de photos, et on s'est même baigné les pieds - ça a tout pris pour que je convainque Micheline de se déchausser!- J'ai alors senti qu'elle avait envie de se confier, de ma raconter son histoire. Au bout d'un moment, j'avoue que je ne savais plus trouver les mots pour réconforter Micheline ; je ne me sentais pas "outillée" pour bien l'aider... Alors on a tracé, dans le sable, de grands carreaux, dans lesquels on a inscrit chaque problème auxquels elle faisait face. Pour chaque carreau, je lui ai demandé de trouver une idée, une solution envisageable... On a dressé la liste des priorités, en se demandant ce qui devait être abordé, ce sur quoi Micheline pensait pouvoir avoir une emprise...

C'était assez magique comme moment... Et ce ne sera pas dans l'émission puisque Micheline et moi étions toutes seules. Mais c'était bien... parfait comme ça.

J'aurai toujours une petite pensée pour elle quand je verrai la mer d'Haïti. 

(Jour) 16

  • Moral : Malade
  • État d'esprit : Je pense avoir attrapé un virus
  • Niveau de bien-être 0
  • Niveau de fatigue 8
  • Niveau de compétence 7
  • Niveau de frustration 0
  • Apparence physique 4
  • Jauge des sens
    • Vue 0
    • Odorat 0
    • Ouïe 0
    • Toucher -2

J'ai passé la journée chez « Fanm Deside » aujourd'hui.

J'ai pu accueillir des femmes et des enfants qui venaient chercher du soutien. Mais je ne me sentais pas très bien alors j'ai dû retourner chez Nadia en fin de journée. Les fillettes me disaient que j'avais attrapé un virus transmis par un maringouin - Elles m'ont fait peur!- mais ça semble aller mieux.

Toute l'équipe de tournage est assez fatiguée, on prendra donc congé demain... Question de recharger nos batteries et d'être en forme pour boucler le périple!

À très vite!

(Jour) 17

  • Moral : Sereine
  • État d'esprit : Une journée au lagon bleu!
  • Niveau de bien-être 10
  • Niveau de fatigue 0
  • Niveau de compétence 8
  • Niveau de frustration 0
  • Apparence physique 8
  • Jauge des sens
    • Vue 4
    • Odorat 3
    • Ouïe 1
    • Toucher 3

C'était jour de congé aujourd'hui !

On en a profité au maximum. Notre plan : nous rendre à la source du lagon bleu pour nous baigner et sauter du haut des falaises...

La route qui nous a menés à l'entrée de la source était pleine d'embûches ; rivières à travers lesquelles notre jeep s'est faufilé ...non sans mal, marchés bondés de gens et côtes bordées de falaises impressionnantes à emprunter!

Je dois avouer que le trajet en a valu la peine. En arrivant à la source, on s'est tous lancés à l'eau sans réfléchir ; c'était paradisiaque! Des criques, rochers, d'environ 150 mètres nous entouraient et on plongeait dans une eau cristalline d'environ 75 pieds de profondeur! Un des plus beau paysages que j'ai vu de ma vie, vraiment!

De retour en ville, les filles de Nadia avaient très envie de se baigner à la piscine de l'hôtel où logent les autres membres de l'équipe. Chose promise, chose due ; on a terminé la journée les pieds dans l'eau, à tenter, comme on le pouvait, d'enseigner quelques leçons de nage aux fillettes!

De retour à la maison (une pizza et deux crèmes glacées au chocolat plus tard), les filles m'ont dit qu'elles se souviendraient de ce moment pour le reste de leur vie.

... Moi aussi.

(Jour) 18

  • Moral : Impressionnée
  • État d'esprit : Le poulailler de Fanm Deside
  • Niveau de bien-être 8
  • Niveau de fatigue 1
  • Niveau de compétence 7
  • Niveau de frustration 0
  • Apparence physique 7
  • Jauge des sens
    • Vue 1
    • Odorat 1
    • Ouïe 1
    • Toucher 0

Nadia tenait à me faire découvrir une initiative de Fanm Deside ce matin ; le poulailler!

Aux aurores, j'avais déjà chaussé d'énormes bottes de pluie et distribuais à environ 500 poussins affolés leur part de nourriture!

Pour créer des fonds supplémentaires pour Fanm Deside, un poulailler a été mis sur pied et permet aux femmes d'acheter, pour un prix raisonnable, des poulets qu'elles pourront revendre au marché.

Nadia souhaite mettre sur pied un tas d'initiatives du genre pour augmenter les revenus de l'organisation... J'ai été vraiment impressionnée par l'ampleur du projet! Nadia et les autres femmes arrivent vraiment à faire des miracles avec les ressources dont Fanm Deside dispose...

(Jour) 19

  • Moral : Reconnaissante
  • État d'esprit : Presque terminé...Déjà?!!!
  • Niveau de bien-être 10
  • Niveau de fatigue 3
  • Niveau de compétence 7
  • Niveau de frustration 0
  • Apparence physique 7
  • Jauge des sens
    • Vue 0
    • Odorat 0
    • Ouïe 0
    • Toucher 0

C'est déjà la veille de mon départ. (Déjà... Vraiment ?!!)

Un drôle de sentiment m'habite ; même si j'ai l'impression que mon séjour s'est déroulé rapidement (hier encore, j'arrivais à Port-au-Prince, il me semble!), je réalise que les liens qui m'unissent à ma famille "d'accueil" sont devenus très forts rapidement, très intimes.

Je peine à croire qu'une amitié si vraie, si profonde, se soit bâtie en si peu de temps entre Nadia et moi. Elle a été un pilier pour moi, alors que je me sentais déroutée culturellement... Mais je crois vraiment que nous avons, elle et moi, de grandes affinités!

J'ai le sentiment que je garderai quelque chose de très précieux de ce voyage, de toutes les autres rencontres marquantes qu'il m'a permis de faire ; mais je n'arrive pas à mettre de mots précis sur cela pour l'instant.

Je suis tout de même capable d'affirmer une chose avec certitude ; côtoyer autant de femmes de têtes, brillantes, indépendantes, habitées par de telles convictions, m'aura inculqué une force, une envie d'être fière, peu importe la direction où j'avance... Celle où j'avancerai.

(Jour) 20

  • Moral : Fébrile
  • État d'esprit : Hâte de retrouve mon chez-moi
  • Niveau de bien-être 7
  • Niveau de fatigue 4
  • Niveau de compétence 8
  • Niveau de frustration 0
  • Apparence physique 6
  • Jauge des sens
    • Vue 1
    • Odorat 0
    • Ouïe 0
    • Toucher 0

Je me suis levée ce matin et la première pensée qui a traversé mon esprit était quelque chose comme... "Je vais retrouver mon chez moi...".

Je suis heureuse de rentrer, et je n'ai pas honte de le dire parce que je crois que les voyages servent aussi à ça : nous faire apprécier notre chez nous... Bouleverser nos repères, prendre du recul, pour nous permettre de redessiner les choses un peu plus à notre façon.

J'ai été accueillie ici en Haïti comme je ne l'ai jamais été nulle part ailleurs dans ma vie... Et je reviendrai plus riche de cette expérience. J'ai laissé durant ces 21 jours un certain confort matériel derrière moi, et cela m'a fait prendre conscience du fait que l'essentiel, ce qui compte vraiment, ne se trouve pas là (dans les choses que l'on possède ou qui alimentent nos désirs sans arrêt!), mais dans notre capacité à être ensemble, à rigoler, à s'entraider, à s'émerveiller.

Et à tout moment durant mon expérience, peu importe le contexte dans lequel j'avais été "plongée", j'ai trouvé des gens qui avaient cette capacité je dirais "d'apprécier la vie", - de la prendre comme elle se présente à eux et de la façonner pour la rendre meilleure- et qui, je le dis avec conviction : avaient le bonheur... Contagieux!

Mais j'ai aussi réalisé que le milieu dans lequel j'ai grandi, celui dont je connais si bien les contours, les repères... est le mien. J'ai hâte de retrouver ma famille, mes amis, les gens que j'aime et partager avec eux, la somme de ce que j'ai vu et appris durant cette formidable expérience. 

(Jour) 21

  • Moral : Reconnaissante
  • État d'esprit : Les lumières de ma ville
  • Niveau de bien-être 8
  • Niveau de fatigue 3
  • Niveau de compétence 9
  • Niveau de frustration 0
  • Apparence physique 8
  • Jauge des sens
    • Vue 3
    • Odorat 0
    • Ouïe 2
    • Toucher 0

Je suis présentement dans l'avion qui me mène vers Montréal.

J'aperçois, de mon hublot, les lumières de la ville comme des petits points multicolores ; je suis déjà tellement loin de Jacmel qui, dès 17h, se trouve plongée dans une totale obscurité.

J'ai une pensée pour Nadia. Nadia et ses filles... Je sais que je vais les revoir… Et je remercie la vie de les avoir mises sur mon chemin.

Merci à vous, de m'avoir lue, et de vous intéresser à ce périple ; à ces gens merveilleux qui nous ont ouvert les portes de leur pays, de leur organisation...mais peut-être plus que tout, de leur maison.

Stéphanie

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Confessions
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